PORTRAITS D’UN TRIO DE PASSIONNÉS
Jacqueline Bories
Discrète, Jacqueline a probablement été l’une des premières vinificatrices du Languedoc. Au début des années 80, le vin, c’était surtout l’affaire des hommes.
Elle a su extraire le meilleur de cépages jugés à l’époque comme peu qualitatifs : carignan, cinsault, grenache gris, alicante. La déferlante syrah ne l’a pas atteinte. Certes, OLLIEUX ROMANIS en comptent 10 hectares, mais c’est surtout le carignan qui type ses vins. Elle se lance, avec succès dans la vinification d’un blanc en fûts de chêne que le syndicat lui refuse à l’agrément au prétexte qu’il n’a pas la typicité Corbières. Une réponse qui la conforte dans le fait que OLLIEUX ROMANIS doit se tenir à l’écart des institutions engoncées dans des principes d’un autre âge. « C’est quoi la typicité » dit-elle ? « Les commissions d’agrément devraient se contenter de juger le vin sur leurs qualités et leurs défauts et non pas sur une prétendue typicité qui n’existe pas ».
Étonnant « bout de femme » qui excelle dans l’art des assemblages et qui fume la pipe !
Jean-Pierre Amigues
Titulaire d’un BTS viti-oeno, Jean-Pierre arrive aux OLLIEUX ROMANIS en 1984, à l’âge de 31 ans. D’emblée la tâche s’avère conséquente car, depuis quelques années, la propriété, faute de moyens et d’envie, ne recevait plus les soins nécessaires. Remise en état du matériel, restructuration du vignoble dont les rendements étaient on ne peut plus faibles… Un plan de « sauvetage » qui prendra tout de même 4 ans.
Bien que ce soit Jacqueline qui oriente les vinifications, tous deux travaillent en étroite collaboration quant au choix des cuvaisons et des assemblages.
Il s’étonne de la mauvaise réputation que les vignerons donnent à la macération carbonique. « Chez nous, elle donne de très bons résultats, sur tous les cépages, la qualité des productions Ollieux Romanis est là pour en témoigner ».
Comme Jacqueline, il a un faible pour le carignan, le « mal aimé ». Il faut dire que le terroir de Boutenac lui va comme un gant. Son sens de la rigueur et de l’observation ont permis une meilleure connaissance des sols et le choix de la conduite en cordon de Royat pour toutes les nouvelles plantations, taille qui favorise une meilleure pénétration de la lumière, davantage de ventilation, une maturité plus homogène et une protection phytosanitaire plus adaptée.
Pierre Bories
Une forte tête ! Titulaire d’un diplôme de 3ème cycle en Finance et de notaire, à l’âge de 24 ans il est embauché par la banque Indosuez comme responsable des opérations de marché. Un poste qui, durant 5 ans, lui offre l’opportunité de côtoyer de riches clients avec lesquels il va souvent au restaurant. Les moyens mis à sa disposition lui permettent de commander les plus belles bouteilles. Son palais se forme au « très bon ».
Enfant, il était souvent dans les vignes. Il se souvient d’une anecdote qu’il raconte volontiers à ses clients. : « J’étais en classe de 6ème et je n’avais pas fait mon devoir de français. Je l’explique à mon père lui demandant de bien vouloir me dispenser de cours ce matin-là. À ma grande surprise, il accepte ! Alors que je m’apprêtais à remonter dans ma chambre, mon père m’interpelle, me désignant du doigt le tracteur stationné dans la cour. Durant tout le week-end, j’ai dû arroser de jeunes plants de grenache. Un travail pénible, qui aurait pu me dégoûter de la vigne….. »
Arrivé aux OLLIEUX ROMANIS en 2001, il parvient à résoudre les problèmes commerciaux et insuffle son énergie à la production avec la création de 4 nouvelles cuvées.