IL FAUT CROIRE DANS LES SOLS, POUR RECHERCHER L’ÉQUILIBRE

À l’abri des vents du nord, sur le flanc sud/sud-est de « la Pinada », OLLIEUX ROMANIS compte 70 ha de vignes plantées d’un seul tenant, dont 21 ha de carignan, les plus jeunes âgés de 50 ans, les plus vieux de 109 ans. La syrah, d’une moyenne d’âge de 15 à 30 ans, couvre 11 ha tout comme le grenache noir (40 ans pour les plus vieux) ; le mourvèdre, 5 ha (17 ans) ; l’alicante 2 ha ; le grenache gris 3 ha et de cinsault 1 ha. Pour les blancs, roussanne et marsanne, âgées de 15 ans, occupent 4,5 ha.

La diversité des terroirs des OLLIEUX ROMANIS autorise la production de cuvées au caractère bien différent : l’un est argilo-calcaire, l’autre est composé de terres rouges avec des galets roulés et de la gravette, tandis qu’un îlot exceptionnel de poudingue repose sur du grès.

Ces sols frais et profonds, caractéristique du terroir de Boutenac, permettent à la vigne de ne pas souffrir de la sécheresse, même dans les années caniculaires comme 2003.

Un objectif guide la restructuration vignoble : parvenir à cultiver carignan, grenache, mourvèdre et syrah dans chaque type de sol afin de composer des assemblages qui gagneront en finesse et en complexité.

Toute nouvelle plantation se fait après une analyse approfondie du sol. « Il faut croire en ses terres pour en en rechercher l’équilibre », dit François Bories.

Le vignoble est conduit en cordon de Royat (grenache, syrah, mourvèdre) ou en gobelet (carignan, cinsault, alicante). Progressivement, le gobelet traditionnel va passer sur fil. Un changement induit par une expérience toute récente réalisée à partir de grenaches : d’une moyenne d’âge de 15 ans, les mêmes plants conduits sur fils dans les parcelles de moindre qualité ont pourtant fait preuve d’une maturité bien supérieure à ceux conduits en gobelet dans les meilleures parcelles.

Les vignes plantées à 4 000 pieds/hectare sont labourées au moins 6 fois par an et reçoivent un apport d’engrais organique, alors que les sarments sont broyés et enfouis sur place.

Des soins très intenses sont prodigués aux parcelles les mieux exposées : ébourgeonnage, effeuillage, vendange en vert lorsqu’il convient de gérer l’homogénéité de maturité. L’objectif étant de ne pas dépasser 40 hectolitres/hectare.

Cultivé pour l’heure en lutte raisonnée, le domaine ne devrait pas tarder à faire sa reconversion en bio.